Introduction
En 1984, la Marine Royale Marocaine s’engage pleinement dans la 2ᵉ édition de la Transat des Alizés, affirmant sa présence sur les mers avec un voilier unique : Almassira. Ce récit retrace les étapes de sa préparation, depuis sa réception en France jusqu’à son premier essai en mer, révélant les défis techniques, les choix logistiques et l’esprit d’aventure qui animent l’équipage.
Préparation du voilier Almassira – Octobre 1984
La Marine Royale, principal organisateur de cette édition, veille à faire flotter le pavillon national sur l’Atlantique. Al Massira, voilier Jouët de 12,80 mètres, est le seul représentant marocain, arabe et africain de la course.
Nous sommes allés le chercher à La Teste, près de Bordeaux, tout juste sorti du chantier naval. Le 15 octobre 1984, nous le réceptionnons « tout nu », sans équipement. Il faut tout installer : mâtage, drisses de grand-voile, génois, spinnaker, artimon.

Équipements embarqués :
- Pont équipé de pontets et filoirs pour les manœuvres
- Installation de la VHF, du Sat-nav, de deux batteries supplémentaires
- Pompe électrique et pompe de cale
La remise au point devait se faire en moins d’une semaine. Un délai court, mais suffisant… en apparence.
Approvisionnements pour 40 jours de mer
Pour six membres d’équipage, nous avons prévu :
- 480 repas complets (entrées, plats, desserts)
- Rations de pain, boissons, eau minérale, jus de fruits, biscuits pour les quarts
Les vivres devaient répondre à des critères stricts :
- Conservation longue durée, même en atmosphère humide
- Volume réduit
- Préparation rapide en mer agitée
- Facilité de consommation à bord
pain traité, pâtes, riz, fromage, lait sucré… tout est réparti sous les planchers, couchettes, armoires. Trois repas par jour, dans les conditions du large.
Premier essai en mer – 21 & 22 octobre 1984
Le 21 octobre à 13h, Almassira quitte Arcachon pour Pornichet-La Baule, à 180 milles au nord. L’après-midi se déroule sous une brise nord-ouest. Mais la météo annonce un coup de vent.
À 3h du matin le 22 octobre, le vent monte à 25 nœuds, avec des rafales à 30. Nous gardons toute la toile pour atteindre Pornichet rapidement. Le bateau file à 8 nœuds, voile en ciseaux, mais quelque chose cloche : traînées anormales sous la coque.
À 15h, l’eau envahit le bateau. Une brèche à l’arrière, l’avant restant sec. L’origine : la mèche du safran. Nous colmater provisoirement avec du chiffon et du plastique bulle. L’origine exacte reste floue. Il faudra plonger au port.
À 20h, sous des grains et des rafales de 30 à 40 nœuds, nous atteignons Pornichet. Al Massira vient de faire son baptême de l’eau.
Réparations et derniers ajustements:
Le lendemain, plongée : la moitié du safran manque, défaut de collage. Nous mettons le bateau au sec, démontons, réparons, consolidons.
Le séjour à Pornichet est consacré à :
- Finaliser les approvisionnements
- Compléter l’accastillage
- Vérifier chaque détail technique
Je découvre alors la robustesse du plastique : ni pourrissement comme le bois, ni rouille comme l’acier. Le plastique attend simplement des jours meilleurs.
Ambiance de régate
Quarante-sept bateaux de la Transat sont déjà à Pornichet. Les pontons s’animent, les équipages s’affairent. L’atmosphère est électrique, fraternelle, pleine de promesses. Al Massira est prêt à écrire son chapitre dans cette aventure transatlantique.
Conclusion
La préparation d’Al Massira fut intense, précipitée, mais révélatrice. Ce voilier, symbole de la Marine Royale et de la fierté Marocaine, a affronté son premier test avec courage. Entre avarie et réparation, calculs logistiques et esprit d’équipage, cette étape marque le début d’une traversée mémorable. À Dieu-va !
Slug
transat-des-alizés-1984-préparatifs-voilier-almassira
Catégorie
Journal de bord – Transat des Alizés 1984
Mots-clés
Transat des Alizés 1984, voilier Almassira, Marine Royale, navigation hauturière, préparation transatlantique, voilier Jouët 12.80, régate Pornichet, équipement maritime, avarie safran, vie d’équipage
Meta description
Retour sur les préparatifs du voilier marocain Al Massira pour la Transat des Alizés 1984 : de sa réception en France à son baptême mouvementé en mer, entre avaries, approvisionnements et ambiance de régate.
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