Introduction
Après plus d’un mois de navigation intense, le 15 décembre 1981 marque un tournant : celui de l’arrivée. Ce jour-là, entre repérage des phares, cris de joie et accueil fleuri, le voilier Pylônix franchit la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre. Ce récit ne se contente pas de célébrer l’émotion du port retrouvé : il dresse aussi le bilan humain, technique et logistique d’une traversée transatlantique qui fut à la fois une épreuve et une école de vie.
Journal de bord – décembre 1981 (32e jour)
À 4h30 du matin, nous apercevons le phare de la Désirade (2 éclats toutes les 10 secondes), suivi 30 minutes plus tard par le feu de Pointe-à-Pitre (3 éclats sur 10 secondes, espacés de 2,5 secondes). L’émotion monte.
À 6h, le cri fuse : « Terre ! Terre ! Terre ! » Nous sommes à sept milles de l’arrivée. Le phare de l’île de Gosier se dessine à tribord avant.
À 13h30, nous franchissons la ligne d’arrivée. Pylônix est tracté jusqu’au ponton n°1 de la Marina de Pointe-à-Pitre, accosté cul à quai. Des hôtesses nous offrent des fleurs. L’accueil est spontané, chaleureux, dans un port ultramoderne.
Mon compatriote Ahmed Noujoumy, embarqué sur le Myosotis, arrive 24 heures plus tard. Voir notre pavillon national flotter parmi les drapeaux internationaux efface instantanément la fatigue accumulée.
Bilan de la course
Malgré les avaries – quatre démâtages, spinnakers éclatés, pertes matérielles – aucun blessé grave ni disparition en mer n’est à déplorer.
Chronologie de la traversée :
- Départ : 15 novembre 1981
- 1ère semaine : calme plat
- 2ème semaine : à peine aux Canaries
- 3ème semaine : vent de sud-sud-ouest, force 5 à 6 sous grains, mais bref
Le premier bateau, Grimlot, est arrivé le 9 décembre.

Classement par catégories :
- 1ère catégorie : moins de 12 mètres
- 2ème catégorie : entre 12 et 14 mètres
- 3ème catégorie : entre 14 et 17 mètres
Enseignements et gratitude
Cette transatlantique fut pour moi une école de croisière hauturière. J’ai enrichi mes connaissances, perfectionné mes compétences, et renforcé ma capacité à représenter mon pays avec honneur.
Je remercie la Marine Royale pour son soutien matériel et humain, ainsi que les autorités marocaines pour avoir mis à disposition un port moderne dans une zone militaire, spécialement pour l’événement.
Vie d’équipage et organisation
- Skippers : tous âges et professions, une seule femme
- Équipage : 5 à 6 personnes en moyenne
- Choix des équipiers : souvent familial ou amical
- Cas particuliers : une femme skipper avec équipiers masculins ; un homme skipper avec sept équipières
- Objectif commun : réaliser un rêve, traverser l’Atlantique par les alizés, rejoindre les Antilles
- Âges : de 10 à 90 ans (le commandant Pluette, 90 ans ; les mousses de Chocolat, 10 et 11 ans)
- Organisation des quarts : très variable selon les équipages
- Santé : quelques troubles mineurs (digestion, insolation, abcès dentaires)
- Distractions : pêche (27 poissons dont dorades et bonites), navigation astronomique, réglage des voiles
Équipement et sécurité à bord du Pylônix
Sécurité :
- Perche IOR
- VHF portative
- Pharmacie complète
- Harnais de sécurité
- Alternateur d’arbre d’hélice
- Calculatrice programmée
- Appareil satellite de navigation
- Girouette anémomètre
- Récepteur radio performant
- Deux tangons et jockey pool
- Émetteur-récepteur B.L.U
- Sextant
Équipement embarqué :
- Radio téléphone VHF
- Sat-nav Shipmat
- Radio BLU
- Radio gonio océan
- Deux sondeurs
- Pilote automatique hydraulique
- Groupe électrogène
Voiles :
- Spi médium (145 m²)
- Spi de brise (125 m²)
- Génois médium (60 m²)
- Génois léger (80 m²)
- Génois lourd (47 m²)
- Foc n°1, tourmentin, grand-voile, artimon
Accastillage :
- 4 winches Barbarossa
- Enrouleur de foc Hood
- Enrouleur de grand-voile
- Grand mât (15 m), mât d’artimon (10,50 m)
Vivres :
- 800 litres d’eau douce
- 150 litres d’eau minérale
- Conserves, légumes lyophilisés, œufs, fromages
- Pain frais et recuit, brioches, confiseries
- Riz, pâtes, sucre, huile, beurre, café, thé, chocolat
- Lait frais et concentré vitaminé
Équipage :
- Six personnes, skipper inclus
Nota : L’inverseur a été plombé par la commission technique le 13 novembre 1981 pour toute la durée de la traversée.
Conclusion
Le 15 décembre 1981 ne fut pas seulement un jour d’arrivée : ce fut l’aboutissement d’un rêve, la consécration d’un effort collectif, et le début d’une nouvelle maîtrise en navigation hauturière. Pylônix a traversé l’Atlantique, porté par les alizés, la discipline, et l’esprit d’aventure. Ce récit est un hommage à tous ceux qui ont cru, soutenu, et navigué.
Slug
arrivee-transat-des-alizés-1981-bilan-et-equipage
Catégorie
Journal de bord – Transat des Alizés 1981
Mots-clés
Transat des Alizés, arrivée Pointe-à-Pitre, navigation hauturière, voilier Pylônix, course transatlantique, équipement de sécurité, vie d’équipage, pêche en mer, Marine Royale, voile Maroc
Meta description
Le 15 décembre 1981, le voilier Pylônix atteint Pointe-à-Pitre après 32 jours de traversée. Entre émotion, accueil chaleureux et bilan technique, ce récit clôture la Transat des Alizés avec fierté et reconnaissance.
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