Jours 28 à 31 – Calme plat, avari et oiseaux marins : la traversée se tend

11 et 12 Décembre (28 et 29ème jour)

       Je n’ai pas tenu le journal ces jours-là…. Rien à signaler. 

 Introduction

Les 11 et 12 décembre 1981, le silence du large s’imposa : aucun événement notable, aucun mot couché sur le papier. Mais dès le 13, la mer reprit la parole. Ce nouvel extrait du journal de bord nous plonge dans deux journées contrastées, entre accalmie frustrante, avarie technique, entraide en mer et signes avant-coureurs de l’arrivée. Une séquence où le quotidien du marin oscille entre tâches domestiques, vigilance constante et émerveillement face à la nature.

 Journal de bord – 13 & 14 décembre 1981 (30e et 31e jour)

Le vent soufflait du sud-sud-est, cap compas 275°. Malgré nos efforts, il devint évident que nous ne pourrons rattraper les voiliers qui nous précédaient : le vent manquait cruellement.

Nous avons mis à profit cette accalmie pour nettoyer le fond des cales au savon et réorganiser l’intérieur du bateau. Une pause utile, presque méditative.

Mais vers 14h, une avarie survint : la poulie du point de drisse céda, précipitant le spi à la mer. J’ai immédiatement lofé pour éviter de passer dessus. Plus de peur que de mal, heureusement, et la réparation en tête de mât fut menée avec sang-froid.

À 17h, nous avons croisé un pétrolier battant pavillon russe, silhouette massive sur l’horizon.

Depuis le 9 décembre, les alizés sont bien établis. Sous un ciel dégagé, nous ressentons l’approche de la terre. Autour de nous, une multitude d’oiseaux marins : malamoks adultes, mouettes blanches, albatros… La mer, elle, devenait plus houleuse, comme pour saluer notre avancée.

Vers 10h, le voilier Gascogne nous annonça une mauvaise nouvelle : démâté sous spi, il sollicitait notre assistance. Finalement, il parvint à rejoindre le port d’arrivée avec des moyens de fortune, preuve de courage et d’ingéniosité.

Derrière nous, les voiliers Chocolat, Ty-Yann et Ajoi II poursuivaient leur route.

En fin d’après-midi, vers 17h, nous avons affalé le spi, la drisse ayant frotté contre le capot. Et comme souvent, la mer nous offre une belle dorade, au prix de deux lignes cassées.

 Conclusion

Ces deux journées illustrent la dualité de la navigation hauturière : entre immobilité frustrante et imprévus techniques, entre entraide fraternelle et beauté sauvage. Chaque instant en mer est une leçon d’humilité, de patience et d’émerveillement. La terre approche, mais l’océan n’a pas dit son dernier mot.

 Slug

traversée-décembre-1981-jours-28-a-31

 Catégorie

Journal de bord – Transat des Alizés 1981

 Mots-clés

navigation transatlantique, journal de bord, Transat des Alizés, vent faible, avarie spi, oiseaux marins, voilier Gascogne, alizés établis, dorade, navigation océanique

 Meta description

Quatre jours de navigation entre calme plat, avarie de spi, assistance à un voilier démâté et signes annonciateurs de la terre. Un récit vivant de la Transat des Alizés 1981, entre tension et beauté marine.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *