Atlantique 1984 : Tempête et Spinnaker au Large de Lisbonne | Récit de Course Croisière

​Introduction

Une semaine après avoir quitté les côtes de Pornichet/La Baule, le 5 novembre 1984, l’atmosphère à bord du voilier Al Massira était devenue une véritable leçon de persévérance face à l’océan. Alors que nous longions la côte portugaise, le vent faible et capricieux nous a forcés à tenter une manœuvre délicate : l’envoi du spinnaker. Ce récit vous plonge au cœur d’une journée en mer, entre la sérénité d’une vitesse silencieuse sous spi et le coup de théâtre d’une manœuvre qui aurait pu mal tourner.

​ Le Corps de l’Article : Récit d’une Journée en Mer

​I. L’Aventure Atlantique : Changement d’Ambiance et Nouvelles Voiles

​Cinquième Jour : La Côte Portugaise en Vue

​Une semaine s’était écoulée depuis notre départ de «Pornichet la Baule«. Nous sommes le 05 novembre 1984. À bord d’Al Massira, l’ambiance avait changé. Le désordre régnait, et le vent continuait de tourner et de faiblir. La grand-voile et le génois se sont retrouvés débordés, entraînant une diminution progressive de notre vitesse.

​ L’Envoi du Spinnaker : La Vitesse Silencieuse

​Nous longions alors la côte portugaise, nous retrouvant face à Lisbonne. J’étais à la barre, après avoir rapidement affalé le génois. Pour optimiser la faible brise, nous avons envoyé le spinnaker. Said a brassé le tangon, et la grande voile de nylon s’est gonflée comme un ballon.

​Le bateau donna l’impression de bondir hors de l’eau. Le vent venant de l’arrière, notre rapidité était silencieuse. On n’entendait plus que le bruissement de la vague d’étrave et le bouillonnement apaisant du sillage à la poupe. La chaleur se fit plus forte et la mer plus calme, permettant à l’équipage de profiter de l’accalmie pour aérer le bateau, sortir les couchettes sur le pont et étaler les cirés.

​II. Le Coup de Théâtre : Quand le Vent Emporte le Contrôle

​ La Surveillance et le Relais à la Barre

​J’observais le vent avec une attention soutenue, surveillant la surface bombée du spi. J’ajustais, j’évoquais des solutions, et le skipper harmonisait le tout. Après un moment, je passais la barre à mon coéquipier Mustapha, lui demandant d’abattre légèrement pour ralentir le temps que je prépare un repas.

​Cependant, sous spinnaker, le mouvement constant du bateau d’un côté à l’autre (le roulis) devint pénible et même déprimant pour l’équipage.

​ Manœuvre Solitaire et Sur-Vitesse

​Le barreur cria soudain : « Il est temps d’amener le spinnaker ! » Le vent commençait à forcir.

​Tout le monde se trouvait alors dans la cabine. Mustapha, voulant effectuer la manœuvre seul, brancha le pilote automatique, choqua le bras du spinnaker et se dirigea vers l’avant du bateau.

​Alors qu’il tendait le bras pour décrocher le tangon, le vent s’engouffra violemment dans la voile. La pression exercée sur le tangon devint trop forte pour qu’il puisse le déplacer. Il hurla pour nous appeler, mais ses cris furent emportés par le vent. Le bateau partit violemment au lof (remontée involontaire au vent). Un instant plus tard, l’équipage entier se précipita sur le pont : nous fûmes quittes pour une peur bleue.

​Le skipper réagit immédiatement : il débrancha le pilote automatique, choqua l’écoute, et affala rapidement le spi, le remplaçant aussitôt par le génois.

​III. Cap au Sud : Stratégie et Fatigue

​ L’Épuisement Après l’Adrénaline

​Cette journée me donna l’impression soudaine d’avoir perdu toutes mes forces. J’étais lucide, mais mes jambes me semblaient de coton, rendant toute autre manœuvre difficile. L’adrénaline de l’incident laissait place à une fatigue intense.

​ Droit sur Mohammedia : Choix Tactique

​Toute la soirée se fit sous pilote automatique. Cependant, en cas de houle, barrer à la main est indispensable pour éviter de faire du chemin supplémentaire. Pour cette raison, et après un coup d’œil stratégique sur la carte, nous prîmes une décision : continuer droit sur Mohammedia.

​Notre cap est désormais de 180 degrés. Tandis que la majorité de nos adversaires naviguaient un peu plus à terre, légèrement sous notre vent, nous avions choisi une route plus directe et engagée.

​Conclusion

​Cette journée du 5 novembre 1984 fut un rappel brutal des exigences de la navigation hauturière.

Si l’envoi du spinnaker nous a offert des moments de vitesse grisante au large de Lisbonne, la tentative avortée de l’amener seul a souligné l’importance cruciale de l’esprit d’équipe face à la force imprévisible des éléments.

Épuisés mais lucides, nous avons finalement fait le choix de la rigueur et de l’efficacité en mettant le cap à 180 degrés sur Mohammedia.

Un choix tactique, contraint par la fatigue et la nécessité d’éviter les chemins superflus, qui allait sceller la suite de notre course-croisière.

​ Informations SEO et Catégories

Meta Description:
Récit immersif d’une semaine de navigation intense sur l’Atlantique en 1984, au large de Lisbonne. Gestion du spinnaker, imprévus, et le cap vers Mohammedia.
Mots-clésnavigation, course croisière, spinnaker, Atlantique 1984, Lisbonne, Mohammedia, voilier, Al Massira, manœuvre voile, tangon.
Slug (URL)atlantique-1984-spi-lisbonne-mohammedia
Catégories ProposéesRécits de Mer / Chroniques, Navigation (Haute Mer), Course au Large / Régates, Techniques de Voile.


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